La ferme-école du CIAgricole – Montrer le beau et le lait de la production laitière

Démarrée en 1992, la ferme-école offre un lieu d’apprentissage agricole complet à 200 personnes chaque année. Complète avec des vaches, des champs et de l’équipement, elle soutient la formation de la relève principalement grâce à sa collaboration avec le Centre de formation professionnelle – CRIFA et le programme Gestion et technologies d’entreprise agricole du Cégep de Sherbrooke.

Seulement, la ferme-école a un impact beaucoup plus large que les connaissances qu’elle transmet. Pour comprendre le rôle que joue la ferme-école dans la formation agricole en Estrie, on discute avec Lydia Charron, gérante de ferme au CIAgricole. Elle répond à des questions pour comprendre ce lieu unique au Québec. Qui fréquente la ferme-école? Pour y faire quoi? Et surtout, que retiennent ceux et celles qui y mettent les pieds?

Qui fréquente la ferme-école?

Bien que la collaboration entre le programme GTEA du Cégep de Sherbrooke et le CIAgricole soit reconnue, un autre programme en bénéficie également : « En Santé animale, les étudiants viennent faire deux activités dans l’année. Dans ce programme, ils voient beaucoup les petits animaux, mais ils n’ont pas facilement accès au bovin. »

La ferme-école reçoit également plusieurs enfants d’âge primaire, qui s’initient à la vie agricole dans le cadre de camps de jours ou d’activités parascolaires. « Les enfants vont aller chercher les vaches au pâturage avec nous et les nourrir, bref, passer quelques heures à la ferme. », explique Lydia Charron.

Au niveau universitaire, la ferme-école ouvre ses portes pour les stages avec la Clinique vétérinaire de Coaticook ou encore, elle sert de terrain de jeu pour les étudiants et étudiantes en génie.

En bref, c’est bien plus que des jeunes dans la vingtaine qui y mettent les pieds : « On a de jeunes-jeunes, jusqu’à des personnes en changement de carrière de 40, 45, 50 ans… Tu sais, on voit de tout, on a du monde très expérimenté à moins expérimenté. J’aime bien les débuts d’année. C’est tout le temps un peu stressant parce qu’on ne sait pas avec qui on va passer l’année. Mais à chaque fois, on a de belles surprises, de belles rencontres. »

Qu’est-ce que les étudiants et étudiantes viennent faire à la ferme-école?

« Les étudiants ont vraiment la tâche de faire l’alimentation des vaches, des taures, puis des petits veaux. Sinon, on va voir autant le côté vaccination que tout ce qui est production laitière. Par exemple, s’il y a des tests de lait à faire ou des traitements pour le lait. Ils vont aussi passer par le tarissement, donc quand les vaches tombent en pause de lactation, et les vêlages, donc s’occuper des petits bébés, poser des étiquettes, les enregistrer.

Les autres cours, ce qu’ils vont faire à la ferme, c’est vraiment tout ce qui est relié aux champs. Donc, on va les recevoir pour les labours, le travail de semis au sol. Ils vont passer un peu de temps sur la récolte, mais ce n’est pas eux qui vont l’effectuer. Le programme de mécanique agricole voit aussi la récolte de maïs-grain. »

Quel est le rôle de l’équipe d’employés de la ferme-école?

« Tout ce que j’appelle nos tâches régulières, ce sont nos employés qui les font. L’étudiant va venir juste complémenter. Les professeurs m’avisent une semaine à l’avance avec un calendrier commun qui nous permet de communiquer ce que les étudiants vont venir faire.

Il faut toujours montrer un exemple pour enligner les étudiants. Les étudiants, ce n’est pas pour nous avancer, parce que ça va prendre plus de temps que si on le faisait juste nous-mêmes. Le but, c’est vraiment de prendre le temps de leur montrer, de les assister dans leurs apprentissages. »

Qu’est-ce que les étudiants et étudiantes retiennent de leur passage?

« Si j’ai un problème technique à la grange, je n’ai peut-être pas le temps d’accueillir les jeunes pour leur montrer à promener une vache. Des fois, il y a des bris et ça ne marche vraiment, vraiment pas. Alors on s’adapte avec les profs. Chaque entreprise, chaque ferme, c’est la même chose : il arrive des pépins.

Nous, on aime ça quand les jeunes ont du plaisir à la ferme. Au départ, je me retenais de les faire venir quand il y avait une vache de malade, mais il faut qu’ils le voient, le pas beau. Tu sais, ils vont tomber dans ce métier-là 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

La ferme-école, c’est pas juste du laid, c’est pas juste beau, comme n’importe quelle ferme. Je veux qu’on leur montre le vrai de l’agricole, ou au moins, le vrai de la production laitière. »

Vous pouvez entrer en contact avec l’équipe de la ferme-école au : ferme@ciarc.ca